Partir étudier à l’étranger est un choix que les élèves internationaux ont pris avec beaucoup de courage. Ils sont sortis de leur cocon et se sont lancés vers le « grand large », séparés de leur pays, tiraillés par la couche émotionnelle qu’ils portent en eux : famille, amis, habitudes, jargons de leur pays, intérêts, éducation.
Arrivés en France et plus particulièrement à l’X, ils doivent faire face à des différences linguistiques et culturelles, mais surtout à un système d’enseignement très spécifique. N’ayant pas reçu le « formatage » des classes préparatoires, l’adaptation à ce système est d’autant plus difficile.
Dans ce contexte, le tissage de liens avec des camarades appartenant à des horizons culturels différents du sien, et surtout avec des natifs, n’est pas spontané : rester entre conationaux est un refuge sécurisant. Le parrainage a été mis en place pour aider à franchir ce pas. C’est un lien intergénérationnel et interculturel, une source prodigieuse de découvertes, et pour l’élève et pour son parrain.
Pour l’élève, c’est l’occasion de sortir de cette bulle qu’est le campus du plateau de Saclay et de connaître la France réelle avec la vie de famille, les cafés, les parcs, la cuisine, les personnes âgés, les fêtes, les enfants. Bref, de commencer à apercevoir un bout de ce qu’est « la vraie vie et la vraie nature des Français », dans un cadre normal, non surprotégé et confiné. Il sera ainsi possible pour l’élève d’aller plus loin dans le contact avec son pays d’accueil et de se faire une place dans un milieu plus élargi que le cercle des relations de camaraderie universitaire. Sans parler du soutien et des conseils que peut lui apporter le parrain, en absence de la famille qui est si loin !
Pour le parrain, c’est avant tout le plaisir de partager et faire découvrir sa culture. C’est aussi une ouverture vers un autre pays, pourquoi pas une infirmation des préjugés envers celui-ci. Une image de son propre pays et ses propres valeurs au travers le regard d’un autre. Mais surtout, la satisfaction d’avoir accompagné un jeune camarade dans sa démarche d’appropriation de ce qu’est la France, sous tous ses aspects. Ceux qui ont vécu eux-mêmes des situations similaires lors des échanges universitaires internationaux n’auront pas besoin de plus d’incitations !
Ilnca Vanneste (Frecus) - X 2002